Adopté en conseil des ministres le 5 août 2026, le Programme Jeunesse du Gouvernement (PJ-Gouv) 2026-2030 affiche des ambitions colossales : 5,3 millions de jeunes impactés, près de 2 900 milliards de francs CFA mobilisés. Un chantier XXL qui devra, cette fois, convaincre une jeunesse ivoirienne encore confrontée au chômage et à la précarité.
Présenté par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, le PJ-Gouv 2026-2030 s'adosse au Plan national de développement (PND) 2026-2030 et se décline en trois axes : accélérer la formation, l'insertion professionnelle et l'entrepreneuriat des jeunes ; renforcer leur engagement citoyen et leur éthique sociale ; améliorer leurs conditions d'épanouissement et de bien-être. Le programme prévoit la construction ou la réhabilitation de 644 structures de formation et d'infrastructures de jeunesse, ainsi que la sensibilisation annuelle de plus de 5,3 millions de jeunes et d'adolescents aux valeurs civiques et à la lutte contre les fléaux sociaux, drogue, alcoolisme et tabagisme en tête.
Avec une population parmi les plus jeunes d'Afrique de l'Ouest, la Côte d'Ivoire ne peut espérer transformer durablement son économie sans absorber massivement sa jeunesse dans le marché du travail formel. Le bilan présenté du précédent programme donne une idée de l'ampleur des moyens déjà engagés : 962,16 milliards de francs CFA investis, dont près de 493 milliards consacrés à l'emploi et à l'autonomisation des jeunes, et près de 466 milliards à la réalisation d'infrastructures dédiées. Le gouvernement revendique 3,6 millions de bénéficiaires et 261 structures construites ou réhabilitées sur la période précédente, des résultats qu'il présente comme ayant dépassé les objectifs initiaux.
Les grands programmes jeunesse se suivent en Côte d'Ivoire depuis plusieurs années, sans toujours parvenir à endiguer le sentiment de précarité qui persiste chez une partie de la jeunesse urbaine et rurale. La question du suivi réel des bénéficiaires, de l'insertion durable dans un emploi stable — et pas seulement dans un stage ou une formation ponctuelle — reste posée. Le doublement de l'objectif d'infrastructures, de 261 à 644 structures, et l'ambition d'impacter 5,3 millions de jeunes, contre 3,6 millions précédemment, imposeront une montée en puissance administrative et financière considérable, dans un contexte budgétaire national déjà sollicité par plusieurs grands chantiers agricoles et infrastructurels.
SENSIBILISATION : COMMENT LES JEUNES PEUVENT S'EN SAISIR
● Se rapprocher des structures de formation et d'insertion professionnelle de sa région dès leur mise en place.
● S'informer sur les critères d'accès aux bourses d'études et aux dispositifs d'accompagnement à l'entrepreneuriat.
● Participer aux actions de sensibilisation civique organisées localement, un axe à part entière du programme.
● Rester vigilant et exiger la transparence sur l'utilisation des fonds publics annoncés, gage de la crédibilité du programme dans la durée.