Yamoussoukro, du 12 au 16 juillet 2026 — Le Comité National de Surveillance (CNS) et le Conseil du Café-Cacao referment les rangs autour d'un même objectif : l'éradication du travail des enfants dans les plantations ivoiriennes. Sous l'impulsion de Mme Dominique Ouattara, relayée sur le terrain par son cabinet, l'État consolide un dispositif de traçabilité sociale déjà déployé, à travers un atelier de validation et de recyclage des Agents d'Opération chargés de la Traçabilité Sociale (AOTS).
DÉCRYPTAGE
Que se passe-t-il concrètement, et pourquoi maintenant ?
Le dispositif remonte au déploiement, dans les zones de production, des Agents d'Opération chargés de la Traçabilité Sociale (AOTS), en partenariat entre le CNS et le Conseil du Café-Cacao. Leur rôle : contrôler l'absence de travail ou d'exploitation des enfants sur le terrain, et sensibiliser les producteurs au respect des droits humains.
Mais une mission d'évaluation conduite par le Secrétariat technique de la Plateforme de Partenariat Public-Privé a mis au jour des difficultés opérationnelles dans le fonctionnement de cette brigade. Plutôt que de laisser le dispositif s'essouffler, les autorités ont choisi d'y répondre par un atelier structuré en deux temps : validation des outils et des activités des AOTS d'une part, formation et recyclage sur les dimensions sociales de la production cacaoyère d'autre part.
Cet ajustement, organisé à Yamoussoukro du 12 au 16 juillet 2026, n'est donc pas un simple séminaire technique : c'est une remise à niveau assumée d'un outil de terrain jugé stratégique, avant qu'il ne soit généralisé à plus grande échelle.
Ce que la traçabilité sociale pèse sur les marchés d'exportation
La traçabilité sociale désigne l'ensemble des mécanismes de suivi des conditions de vie et de travail des producteurs tout au long de la chaîne d'approvisionnement du café-cacao. Elle garantit une rémunération équitable, le respect des droits humains et l'absence de travail des enfants ou de travail forcé.
L'enjeu dépasse la seule protection de l'enfance : il conditionne l'accès de la Côte d'Ivoire aux marchés internationaux exigeants, notamment européens, dans un contexte où les nouvelles réglementations sur la déforestation et la durabilité imposent aux exportateurs, coopératives et transformateurs de justifier l'origine et les conditions sociales de production de leur cacao.
Un dispositif AOTS fiable et bien outillé devient ainsi un argument commercial autant qu'un impératif éthique : il rassure les acheteurs internationaux, sécurise les certifications et protège la réputation de la filière ivoirienne, premier producteur mondial de cacao, face à la concurrence et aux exigences croissantes des marchés de destination.
Un dispositif encore fragile sur le terrain
C'est le point le plus sensible de ce dossier : la mission d'évaluation du Secrétariat technique de la Plateforme de Partenariat Public-Privé a bel et bien identifié des difficultés opérationnelles dans le déploiement des AOTS sur le terrain. Ni la nature exacte de ces difficultés ni leur ampleur n'ont été rendues publiques dans le détail, mais leur existence suffit à rappeler que la lutte contre le travail des enfants dans la filière café-cacao reste un chantier inachevé, régulièrement scruté par les partenaires internationaux.
En choisissant de reconnaître ces limites plutôt que de les taire, et d'y répondre par un atelier de validation et de recyclage, le CNS et le Conseil du Café-Cacao s'exposent à la critique tout en assumant une démarche de transparence. Reste à savoir si cette remise à niveau suffira à lever durablement les obstacles constatés, ou si de nouvelles évaluations viendront, dans les mois à venir, rouvrir le débat sur l'efficacité réelle du dispositif.
Une mobilisation portée au plus haut niveau
À la cérémonie d'ouverture, Dr GBONGUE Mamadou, Directeur adjoint chargé des projets et du suivi-évaluation au Conseil du Café-Cacao, représentant le Directeur Général M. KONE Brahima Yves, a insisté sur la nécessité d'outiller cette brigade de surveillance pour parvenir à une éradication totale du travail des enfants.
M. Amani KONAN, consultant national auprès du cabinet de la Première Dame, a salué l'appui constant du Conseil du Café-Cacao au CNS et rappelé l'engagement ferme des autorités ivoiriennes, sous l'impulsion de Mme Dominique Ouattara, dans cette lutte. Un signal fort : la protection des enfants des plantations n'est plus seulement l'affaire des institutions techniques du secteur, elle est portée directement au sommet de l'État.
De son côté, Mme AIPO Melissa Djama, Secrétaire technique de la Plateforme de Partenariat Public-Privé, a présenté cet atelier comme une étape décisive pour bâtir une feuille de route claire et renforcer la coordination des actions. Elle a salué l'engagement conjoint du CNS, du BIT, de l'OIT et de la Fondation ICI en faveur d'une filière café-cacao respectueuse des droits humains et exempte de travail des enfants.
En resserrant les liens entre la Présidence, à travers Mme Dominique Ouattara, et le Conseil du Café-Cacao, cette semaine de travail à Yamoussoukro marque une avancée vers une traçabilité sociale véritablement nationale — condition d'une filière café-cacao à la fois responsable, durable et digne de la confiance des marchés internationaux.
REPÈRE
La traçabilité sociale désigne l'ensemble des mécanismes de suivi des conditions de vie et de travail des producteurs le long de la chaîne d'approvisionnement café-cacao : rémunération équitable, respect des droits humains, absence de travail des enfants ou de travail forcé.