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AGRICULTURE & INVESTISSEMENT Productions vivrières : Bernard Kini Comoé déroule le tapis rouge aux investisseurs

AGRICULTURE & INVESTISSEMENT Productions vivrières : Bernard Kini Comoé déroule le tapis rouge aux investisseurs

Lors du panel A du Groupe consultatif pour le financement du PND 2026-2030, le 9 juillet au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, le ministre délégué chargé des Productions vivrières, Bernard Kini Comoé, a présenté ce secteur comme l'un des principaux moteurs de croissance du prochain quinquennat, aux côtés des ministres des Ressources animales et halieutiques et du Commerce et de l'Industrie.
◆ DÉCRYPTAGE
Les productions vivrières, qui recouvrent notamment le riz, le manioc, le maïs et les cultures maraîchères, pèsent 38 % du PIB agricole et près de 2,5 millions d'emplois. La stratégie gouvernementale repose sur un schéma classique de partenariat public-privé : l'État finance les infrastructures de base, barrages, canaux d'irrigation et aménagements hydroagricoles, avant d'en confier l'exploitation au secteur privé via des concessions. Des études portent sur un potentiel de 200 000 hectares irrigables, avec des projets déjà identifiés à hauteur de 16 000 hectares dans la Bagoué et 30 000 hectares dans la région de Kossou.
Le secteur agricole dans son ensemble représente 17 % du PIB national, 40 % des emplois et 40 % des exportations du pays, des chiffres qui illustrent l'importance stratégique des productions vivrières dans l'économie ivoirienne. Pour renforcer l'attractivité du secteur, le gouvernement mobilise un arsenal d'incitations fiscales significatif, avec des exonérations pouvant atteindre 95 % sur les équipements agricoles et le carburant destiné à la mécanisation, une politique volontariste destinée à réduire les coûts de production et à accélérer la modernisation des exploitations.
Cette stratégie d'incitations fiscales massives interroge sur sa répartition réelle : les exonérations profiteront-elles aux petits exploitants agricoles ou principalement aux grands investisseurs capables de mobiliser les capitaux nécessaires pour candidater aux concessions d'exploitation des aménagements hydroagricoles ? Par ailleurs, la politique d'incorporation de farine de manioc dans le pain, présentée comme un levier de réduction des importations de blé, se heurte à des habitudes de consommation bien ancrées et à des questions de coûts de transformation qui restent à résoudre à grande échelle, sans compter les pertes post-récoltes que le ministre reconnaît lui-même comme un défi persistant faute de chaînes du froid suffisantes.
Le ministre invite les opérateurs économiques, nationaux comme internationaux, à saisir les opportunités d'un secteur en pleine structuration. Mais au-delà des investisseurs, ce message concerne aussi les producteurs eux-mêmes, appelés à s'organiser pour bénéficier des chaînes de transformation, de collecte et de commercialisation en construction, plutôt que de rester cantonnés à une agriculture de subsistance peu rémunératrice.

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