Le programme Syphilis-Free Stars, lancé le 19 juin 2026 au Plateau par Evidence Action Côte d'Ivoire, marque une étape décisive dans la lutte contre la transmission mère-enfant de la syphilis : plus de 8 000 tests de dépistage seront désormais mis gratuitement à disposition chaque année dans les structures sanitaires, et ce jusqu'en 2029.
◆ DÉCRYPTAGE
La mesure s'appuie sur l'adoption de directives nationales intégrant systématiquement les tests combinés Syphilis-VIH, et désormais Hépatite B, dans toutes les consultations prénatales. Concrètement, une seule piqûre et quinze minutes suffisent pour dépister simultanément les trois infections chez la femme enceinte, un gain de temps et d'efficacité déterminant pour un système de santé aux ressources limitées. Ce lancement coïncide avec l'ouverture du tout premier bureau d'Evidence Action en Afrique francophone, installé en Côte d'Ivoire.
Non traitée, la syphilis congénitale peut provoquer avortements spontanés, mortinaissances, naissances prématurées sévères et malformations congénitales, autant de complications qui pèsent lourdement sur les systèmes de santé et sur les familles concernées. Investir dans un dépistage systématique et gratuit représente, en comparaison, un coût nettement inférieur à la prise en charge de ces complications sur le long terme, un argument que confirme le choix de l'État d'acquérir ces tests jusqu'en 2029 plutôt que de gérer les conséquences au cas par cas.
Le Dr Daniel Christian Koko le souligne lui-même : lorsqu'il est question d'élimination de la transmission mère-enfant en Afrique subsaharienne, l'attention se porte presque exclusivement sur le VIH, laissant la syphilis et l'hépatite B insuffisamment prises en compte malgré des conséquences tout aussi graves. Cette hiérarchisation des priorités sanitaires, largement héritée des décennies de financements internationaux centrés sur le sida, pose la question de l'équité des ressources allouées aux différentes infections materno-fœtales, et du retard accumulé dans la prise en charge de la syphilis congénitale.
Les autorités sanitaires, par la voix du directeur général de la Santé Pr Mamadou Samba, appellent sages-femmes et gynécologues à s'impliquer pleinement dans la mise en œuvre de ce programme. Le message est clair : si la Côte d'Ivoire peut viser l'élimination du VIH, elle doit se donner les mêmes ambitions pour la syphilis et l'hépatite B. Les femmes enceintes sont invitées à ne pas négliger leurs consultations prénatales, moment clé pour bénéficier de ce dépistage désormais gratuit.