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GENRE & DROITS HUMAINS | VBG / DOMINIQUE OUATTARA VIOLENCES FAITES AUX FEMMES : LA CÔTE D'IVOIRE DÉCLARE LA GUERRE EN GRANDE POMPE

GENRE & DROITS HUMAINS | VBG / DOMINIQUE OUATTARA VIOLENCES FAITES AUX FEMMES : LA CÔTE D'IVOIRE DÉCLARE LA GUERRE EN GRANDE POMPE

Le 13 juin 2026, la Première Dame Dominique Ouattara a officiellement lancé l'Engagement national contre les VBG. Un front uni, une déclaration solennelle. Mais entre le discours du Sofitel et la réalité des quartiers, le chemin est encore semé d'embûches.
DÉCRYPTAGE
Dans une salle comble du Palais des Congrès du Sofitel Hôtel Ivoire de Cocody, le 13 juin 2026, s'est tenu un événement que le ministère de la Femme, de la Famille et de l'Enfant entend inscrire dans les annales de la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) en Côte d'Ivoire. Sous la présidence de Dominique Ouattara, épouse du Chef de l'État, un engagement national a été solennellement proclamé, réunissant en un front uni autorités gouvernementales, partenaires techniques et financiers, société civile et communautés religieuses.
La démarche dépasse le cadre habituel des journées commémoratives. Il s'agit d'une déclaration de politique publique portant l'ambition d'un changement systémique : tolérance zéro pour les violences physiques, sexuelles, psychologiques et économiques infligées aux femmes et aux filles ivoiriennes.
“ Nous sommes rassemblés ce jour pour poser un acte solennel et historique : celui d'élever nos voix, d'un même élan, pour dire que les violences faites aux femmes et aux filles de Côte d'Ivoire ne sont plus admissibles dans notre pays. ” — Dominique Ouattara, Première Dame de Côte d'Ivoire
Les VBG ne sont pas seulement une tragédie humaine — elles représentent aussi un frein au développement économique. La Banque mondiale estime que les violences de genre coûtent aux économies en développement entre 1,2 % et 3,7 % de leur PIB annuel, via la perte de productivité des victimes, les coûts de santé, les procédures judiciaires et l'impact sur l'éducation des enfants témoins de violences. En Côte d'Ivoire, une femme autonome, en sécurité et éduquée, est une contributrice nette à la croissance nationale.
L'engagement de la Première Dame est sincère et significatif. Mais les ONG de terrain posent une question qui dérange : quelle est la capacité réelle du système judiciaire ivoirien à traiter les plaintes pour VBG ? Les délais, le coût des procédures, la pression sociale sur les victimes et la persistance de pratiques coutumières contraires aux droits des femmes dans certaines régions constituent autant d'obstacles que nul discours en salle de conférence ne saurait effacer.
Le chiffre qui interpelle : selon les estimations de l'OMS, moins de 10 % des victimes de violences conjugales en Afrique subsaharienne déposent plainte. La majorité se tait par peur, par honte, ou par manque de confiance dans les institutions. La déclaration solennelle doit donc s'accompagner d'une révolution dans l'accueil, la protection et l'accompagnement juridique des victimes.
Femmes et filles de Côte d'Ivoire : vous n'êtes pas seules. Il existe des structures d'écoute, des numéros verts et des centres d'accueil pour vous accompagner. Briser le silence n'est pas une trahison — c'est un acte de courage et de dignité. Hommes et garçons : vous avez un rôle essentiel dans cette transformation. L'égalité se construit à la maison, à l'école, au bureau, partout.

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