🔍 DÉCRYPTAGE
Le premier projet porte sur l'amélioration de la production de riz, tandis que le second est consacré à la valorisation des résidus de la filière anacarde. Selon le secrétaire général du FONSTI, le Dr Sangaré Yaya, le projet riz vise à améliorer les techniques culturales afin d'accroître les rendements et de réduire la dépendance du pays aux importations de cette denrée de grande consommation. Concrètement, les travaux présentés par l'enseignant-chercheur Dr Kouadio Marius, de l'École supérieure d'agronomie de l'INPHB, portent sur la validation en milieu réel du recalage du calendrier de semis du riz pluvial dans la zone agroclimatique de Yamoussoukro, en réponse aux perturbations pluviométriques liées au changement climatique.
Le second projet, consacré à l'anacarde, s'appuie sur le statut de la Côte d'Ivoire comme premier producteur mondial de cette culture, mais vise à corriger l'un des angles morts persistants de la filière : la faible valorisation locale des résidus issus de la transformation des noix.
« Le riz est la première céréale consommée dans notre pays. Malheureusement, nous importons encore plus de la moitié de notre consommation nationale, alors que la Côte d'Ivoire dispose des terres, des ressources humaines et des compétences nécessaires pour satisfaire ses besoins et même exporter », a rappelé le Dr Sangaré Yaya. Les sommes considérables consacrées chaque année à l'importation de riz représentent une ponction directe sur les devises nationales — un enjeu macroéconomique de premier plan pour un pays qui affiche par ailleurs l'ambition de renforcer sa souveraineté alimentaire dans le cadre du PND 2026-2030.
Du côté de l'anacarde, la valorisation des résidus ouvre des perspectives économiques doubles : la production de biens dérivés à plus forte valeur ajoutée, et une contribution à l'alimentation animale, avec en prime des retombées positives sur l'environnement grâce à la réduction des émissions de méthane associées à la gestion actuelle des déchets de la filière.
« Nous voulons que l'intelligence ivoirienne soit mise au service de la valorisation complète des noix de cajou dans notre pays » — Dr Sangaré Yaya, secrétaire général du FONSTI
Le decalage récurrent entre les résultats de la recherche agronomique ivoirienne et leur adoption effective par les producteurs constitue le principal écueil que ce type de projet devra surmonter. De nombreuses innovations validées en milieu réel restent, dans les faits, peu diffusées faute de dispositifs de vulgarisation suffisamment robustes auprès des producteurs de riz de plateau, souvent dispersés et peu connectés aux circuits d'accompagnement technique. La réussite du projet se mesurera donc autant à la qualité scientifique du recalage du calendrier de semis qu'à la capacité du FONSTI et de ses partenaires à en assurer une diffusion massive sur le terrain.
Ces deux initiatives rappellent aux producteurs rizicoles et aux acteurs de la filière anacarde l'importance de rester connectés aux résultats de la recherche agronomique nationale, notamment sur les nouvelles périodes de semis adaptées à l'évolution de la pluviométrie. Adopter ces innovations, c'est contribuer directement à la réduction de la dépendance du pays aux importations alimentaires, tout en valorisant des ressources locales trop longtemps considérées comme des déchets.