Lors du panel consacré au « Développement durable et attractivité des villes secondaires », organisé le 9 juillet 2026 dans le cadre de la présentation du Plan National de Développement 2026-2030, le ministre du Tourisme et des Loisirs Siandou Fofana a défendu une nouvelle génération de la stratégie « Sublime Côte d'Ivoire », qui érige les villes de l'intérieur en véritables pôles de croissance.
◆ DÉCRYPTAGE
La deuxième génération de « Sublime Côte d'Ivoire » marque une rupture de paradigme : les villes secondaires, longtemps perçues comme des territoires périphériques dépendants du seul pôle abidjanais, sont désormais pensées comme des moteurs autonomes de développement, capables de générer emplois, investissements et richesse à l'échelle locale. Cette approche s'appuie sur les acquis de la première phase, qui a permis la création de plus de 560 000 emplois et dynamisé le tourisme domestique.
L'enjeu économique est double : d'une part, réduire la pression migratoire vers Abidjan en offrant des perspectives d'emploi dans les régions ; d'autre part, diversifier les sources de croissance touristique au-delà des grandes métropoles, dans un contexte où le PND 2026-2030 mobilise un investissement global estimé à plus de 114 838 milliards de FCFA, dont une large part attendue du secteur privé. Le tourisme des villes secondaires devient ainsi un vecteur d'attractivité pour des investisseurs en quête de nouveaux relais de croissance.
Cette ambition se heurte cependant à des réalités concrètes : déficit d'infrastructures routières et hôtelières, accès limité à l'électricité et à l'eau potable dans certaines localités, et concurrence budgétaire avec d'autres priorités du PND. Les acteurs du secteur s'interrogent également sur la capacité de l'État à mobiliser les financements privés annoncés dans un contexte international marqué par la prudence des investisseurs, ainsi que sur le risque que ces stratégies restent concentrées sur quelques villes pilotes plutôt que de bénéficier à l'ensemble du territoire.
Le ministre l'a résumé en une formule directe : « Il faut créer des emplois afin de fixer les jeunes sur leurs territoires. » Un message qui interpelle autant les collectivités locales que les populations elles-mêmes, invitées à s'approprier les atouts touristiques de leur région plutôt que d'attendre une croissance venue d'ailleurs.