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▌ ÉDUCATION, GENRE & INCLUSION ENSEIGNEMENT TECHNIQUE : QUAND ONU FEMMES ET LE MINISTRE MOULOT S'UNISSENT POUR QUE LES FILLES OSENT LA MÉCANIQUE ET L'ÉLECTRICITÉ

▌ ÉDUCATION, GENRE & INCLUSION ENSEIGNEMENT TECHNIQUE : QUAND ONU FEMMES ET LE MINISTRE MOULOT S'UNISSENT POUR QUE LES FILLES OSENT LA MÉCANIQUE ET L'ÉLECTRICITÉ

Un protocole d'accord signé le 25 juin 2026 à Abidjan entre le ministère de l'Enseignement technique et ONU Femmes entend transformer l'environnement scolaire professionnel. Objectif : sortir les jeunes filles des filières tertiaires où elles sont cantonnées pour les propulser dans les métiers techniques qui recrutent.
▌ 🔍 DECRYPTAGE
C'est une convention qui dépasse la symbolique. Le 25 juin 2026, le ministre délégué chargé de l'Enseignement technique, Jean-Louis Moulot, et la représentante d'ONU Femmes ont formalisé un protocole d'accord dont l'ambition est double : renforcer l'égalité de genre dans les établissements d'enseignement technique et professionnel, et lutter activement contre les violences basées sur le genre (VBG) dans ces structures.
En Côte d'Ivoire, l'enseignement technique et la formation professionnelle restent l'un des secteurs les plus fortement ségréguées par le genre. Les filières de mécanique automobile, de génie civil, d'électrotechnique et d'informatique sont quasi-exclusivement masculines. Les jeunes filles se concentrent dans les filières de secrétariat, couture ou restauration — pourtant moins porteuses en termes d'employabilité et de revenus. Ce protocole vise à briser ce plafond de verre scolaire.
L'inclusion des femmes dans les filières techniques n'est pas seulement un enjeu de justice sociale : c'est un impératif économique. Des études africaines concordantes montrent que les femmes investissent proportionnellement davantage dans l'éducation et la santé de leurs familles lorsqu'elles accèdent à des revenus stables. Or les métiers techniques — en pénurie de main-d'oeuvre dans toute l'Afrique de l'Ouest — offrent des débouchés solides. Former des techniciennes, c'est créer de la valeur économique tout en rééquilibrant structurellement un marché du travail trop longtemps homogène.
L'accord a été signé, les communiqués officiels diffusés. Mais dans les couloirs des lycées techniques d'Abidjan et de l'intérieur du pays, le scepticisme est de mise. Les violences basées sur le genre en milieu scolaire sont documentées mais rarement sanctionnées. Les enseignants ne sont pas formés à la question. Les parents dissuadent encore leurs filles de s'orienter vers la mécanique ou le bâtiment, jugés « peu féminins ». Un protocole d'accord, aussi bien rédigé soit-il, ne changera pas du jour au lendemain des décennies de stéréotypes. Ce qui manque, ce sont des moyens concrets : des bourses ciblées pour les filles en filières techniques, des mentors feminins visibles, des sanctions effectives contre les auteurs de violences.
À toutes les jeunes filles qui hésitent devant une filière technique par peur du regard des autres : les métiers de demain n'ont pas de genre. Une technicienne en génie civil, une développeuse informatique, une electricienne — ce sont des professionnelles dont le pays a besoin, qui gagnent bien leur vie et qui bâtissent leur indépendance. Parents, orienteurs, enseignants : accompagnez les filles vers leurs talents, pas vers leurs stéréotypes. Et aux établissements techniques : vous avez désormais un cadre institutionnel pour agir. Utilisez-le.

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