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PARC DU MONT PÉKO : UN DIAGNOSTIC HISTORIQUE, DES DÉFIS COLOSSAUX

PARC DU MONT PÉKO : UN DIAGNOSTIC HISTORIQUE, DES DÉFIS COLOSSAUX

Pour la toute première fois, le Parc National du Mont Péko (PNMP) a fait l'objet d'une évaluation rigoureuse de son efficacité de gestion, les 3 et 4 juin 2026 à Duékoué. L'Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR) a utilisé l'outil international IMET (Integrated Management Effectiveness Tool). Résultat : un score global de 56,89 sur 100. Un chiffre qualifié d'encourageant par les experts, mais qui révèle aussi des marges de progression considérables pour cette aire protégée longtemps soumise à de fortes pressions humaines.

▌ DÉCRYPTAGE : 56,89% — UN SCORE À RELATIVISER
La méthodologie IMET évalue non seulement l'état écologique du parc, mais aussi ses ressources humaines, son financement, son cadre légal, sa gouvernance et ses relations avec les communautés riveraines. Un score de 56,89% signifie que le parc est géré à plus de la moitié de son potentiel optimal — ce qui, dans le contexte africain où de nombreuses aires protégées fonctionnent bien en dessous de 40%, constitue effectivement une performance honorable. Mais cela signifie également que des insuffisances importantes subsistent, notamment en matière de surveillance des frontières, de lutte contre l'orpaillage illégal et les empiétements agricoles qui ont historiquement ravagé une partie du parc.

Le Mont Péko est un enjeu à la fois écologique et économique. Sa biodiversité en fait un potentiel touristique sous-exploité. Mais surtout, les services écosystémiques qu'il fournit — régulation des eaux, maintien des sols, séquestration du carbone — ont une valeur économique chiffrable en milliards pour les communautés agricoles de la région de l'Ouest ivoirien. Dans le contexte de la RDUE (Réglementation de l'UE sur la déforestation), disposer d'une gestion certifiée et mesurée de ses parcs devient aussi un argument commercial pour les filières cacao et café qui opèrent dans ces zones.

UN PARC LONGTEMPS LIVRÉ À LUI-MÊME
L'histoire récente du Mont Péko est douloureuse. Au lendemain de la crise postélectorale de 2010-2011, des dizaines de milliers d'agriculteurs avaient envahi le parc, défrichant une portion significative de sa superficie. Des années plus tard, la question de la réinstallation de ces populations et de la restauration des zones dégradées reste sensible et insuffisamment résolue. Le fait que la première évaluation sérieuse du parc n'intervienne qu'en 2026 soulève des questions légitimes sur les moyens accordés à l'OIPR et sur la priorité réelle donnée à la conservation dans les politiques publiques ivoiriennes.

Les parcs nationaux sont le patrimoine de tous les Ivoiriens et de l'humanité entière. Signaler un empiétement, éviter la chasse braconnière, ne pas acquérir de produits issus d'espèces protégées : chaque citoyen peut agir. Les communautés riveraines sont les premiers gardiens naturels de ces espaces. Leur implication, leur formation et leur association à des activités économiques durables (écotourisme, apiculture, agroforesterie) sont la meilleure garantie de la préservation du Mont Péko pour les générations futures.

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