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Côte d'Ivoire: le permis de conduire digital désormais une réalité (officiel) 🔴 “L’Organisation Interprofessionnelle Agricole Café-Cacao informe l’opinion publique qu’elle dément formellement les rumeurs circulant actuellement…”

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE ET TRAVAIL : LA CÔTE D'IVOIRE PREND POSITION À GENÈVE

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE ET TRAVAIL : LA CÔTE D'IVOIRE PREND POSITION À GENÈVE

À la 114ème session de la Conférence internationale du travail qui se tient à Genève, le ministre ivoirien de l'Emploi, Me Adama Kamara, a défendu une vision éthique et inclusive de l'intelligence artificielle (IA). Prenant la parole lors du débat sur le rapport du Bureau International du Travail intitulé « À l'heure des choix : Mettre l'Intelligence artificielle au service du travail décent », il a reconnu les opportunités de cette révolution technologique tout en alertant sur ses risques : creusement des inégalités et disparition d'emplois peu qualifiés.

▌ DÉCRYPTAGE : DE QUOI PARLE-T-ON VRAIMENT ?
L'IA transforme déjà le monde du travail à une vitesse vertigineuse. Des algorithmes remplacent des caissières, des chauffeurs, des opérateurs de saisie. Des outils de traitement du langage automatisent une partie du travail des juristes, des comptables et même des journalistes. Pour un pays comme la Côte d'Ivoire, dont l'économie repose encore très largement sur des emplois peu qualifiés dans l'agriculture, le commerce informel et la transformation artisanale, le risque est réel. La question que pose le ministre Kamara est fondamentale : comment s'assurer que l'IA crée plus d'emplois qu'elle n'en détruit, et que ces nouveaux emplois soient accessibles à tous, y compris aux travailleurs les moins formés ?

La Côte d'Ivoire n'est pas encore dans le peloton de tête des pays producteurs d'IA. Mais elle est consommatrice de technologies qui transforment rapidement ses secteurs stratégiques : agritech dans la filière cacao, fintech dans les paiements mobiles, logistique automatisée dans les ports. Les décisions prises aujourd'hui à Genève — normes du travail intégrant l'IA, cadres de protection sociale pour les travailleurs de plateformes, standards éthiques sur les biais algorithmiques — auront des conséquences directes sur l'avenir de milliers de travailleurs ivoiriens. Participer activement à ces débats est une nécessité souveraine.

L'AFRIQUE PARLE, MAIS QUI DÉCIDE ?
La question de la gouvernance mondiale de l'IA reste dominée par les pays du Nord et les grandes entreprises technologiques américaines et chinoises. Les pays africains, malgré leurs prises de parole de plus en plus affirmées dans les enceintes internationales, peinent à influer sur les règles du jeu. Le risque est celui d'une double peine : subir les effets de l'IA développée ailleurs, sans avoir eu voix au chapitre. Le plaidoyer du ministre Kamara est louable, mais il restera lettre morte sans une position africaine coordonnée et des investissements concrets dans la formation numérique et la recherche en IA sur le continent.

L'IA n'est pas une menace abstraite : elle est déjà là, dans nos téléphones, nos applications bancaires, nos algorithmes de recrutement. Se former au numérique, comprendre comment fonctionnent ces outils, exiger des entreprises et de l'État une transparence sur leur usage : ce sont des actions concrètes que chaque citoyen peut mener. Les syndicats, les associations professionnelles et les universités ont un rôle essentiel à jouer pour que la transition numérique se fasse avec les travailleurs et non contre eux.

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