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BANQUE MONDIALE EN CÔTE D'IVOIRE : UN OUTIL POUR MESURER CE QUI CHANGE VRAIMENT

BANQUE MONDIALE EN CÔTE D'IVOIRE : UN OUTIL POUR MESURER CE QUI CHANGE VRAIMENT

L'École Nationale Supérieure de Statistique et d'Économie Appliquée (ENSEA) de Cocody a accueilli, mardi 9 juin 2026, un atelier régional consacré à l'appropriation du Score-card du Groupe de la Banque mondiale. Bénin, Côte d'Ivoire, Liberia et Togo étaient représentés. Le ministre du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, présidait la cérémonie aux côtés d'Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre. Cet outil entend mesurer, avec précision, l'impact réel des interventions de l'institution sur la réduction de la pauvreté, l'accès aux services essentiels et la création d'opportunités économiques.

▌ DÉCRYPTAGE : QU'EST-CE QUE LE SCORE-CARD ?
Derrière ce terme technique se cache une ambition politique forte : en finir avec les évaluations approximatives. Le Score-card est un tableau de bord structuré qui transforme les résultats des projets financés par la Banque mondiale en indicateurs mesurables. Pour un pays comme la Côte d'Ivoire, engagé dans un Programme National de Développement (PND) 2026-2030 qui fait de la redevabilité une priorité, l'enjeu est crucial. Il ne s'agit plus seulement de savoir combien de milliards ont été investis, mais de démontrer que chaque franc CFA a produit un résultat concret dans la vie des populations.

La Côte d'Ivoire est l'un des pays d'Afrique subsaharienne les plus actifs dans le partenariat avec la Banque mondiale. Des projets d'infrastructure routière, d'accès à l'eau potable, d'électrification rurale ou encore de filets sociaux représentent des milliards de dollars de financements. Disposer d'un outil de mesure crédible, reconnu internationalement, renforce la crédibilité du pays auprès des bailleurs de fonds et des investisseurs privés. C'est aussi un levier pour négocier de meilleures conditions dans les prochains cycles de financement. Les quatre pays présents – dont le Liberia, encore fragile – ont tout intérêt à maîtriser cet outil pour mieux valoriser leurs résultats et défendre leurs dossiers à Washington.

LA REDEVABILITÉ, UN ENGAGEMENT ENCORE THÉORIQUE ?
Si le gouvernement affiche sa volonté de transparence, des observateurs de la société civile s'interrogent. Les mécanismes de redevabilité existent-ils réellement sur le terrain ? Les populations bénéficiaires des projets sont-elles informées des résultats attendus et obtenus ? Le risque est connu : un outil de mesure peut devenir un instrument de communication institutionnelle sans réel impact sur la gouvernance quotidienne. L'appropriation du Score-card ne vaudra que si elle se traduit par une publication accessible des résultats et un vrai droit de regard des citoyens.

La redevabilité n'est pas un concept réservé aux technocrates. Elle signifie concrètement que les écoles construites doivent être ouvertes et fonctionnelles, que les routes rénovées restent entretenues, que les subventions agricoles atteignent effectivement les producteurs. Chaque citoyen a le droit de demander des comptes sur l'utilisation des fonds publics et des prêts contractés au nom de l'État. Participer aux consultations locales, interpeller les élus, suivre les publications officielles : autant de gestes civiques qui donnent du sens à ces engagements institutionnels.

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