documentaires. Avec le déploiement du SIFOR-CI et la signature électronique des certificats fonciers, l'État ivoirien modernise en profondeur la gouvernance des terres rurales. Une réforme majeure, mais encore peu connue, qui change concrètement la vie des populations.
C'est une révolution discrète, mais dont les effets pourraient bien transformer durablement la Côte d'Ivoire rurale. La mise en œuvre du Système d'Information du Foncier Rural de Côte d'Ivoire (SIFOR-CI), développé par l'Agence Foncière Rurale (AFOR), marque l'entrée du pays dans l'ère de la gouvernance foncière numérique.
Désormais, les préfets peuvent signer électroniquement les certificats fonciers, sans manipuler des liasses de papiers ni risquer d'erreurs manuelles. Les contrôles préalables, autrefois effectués document par document, sont maintenant automatisés. Les dossiers sont validés — ou rejetés — en quelques clics, grâce aux outils DIGIFOR et SC-Carto développés par l'AFOR.
Cette transformation s'appuie sur un cadre juridique solide : l'Ordonnance n° 2025-85 du 12 février 2025, défendue par le ministre de l'Agriculture Bruno Nabagné Koné devant les commissions parlementaires compétentes en mars et avril 2026, renforce la sécurité juridique des certificats et consolide la protection des droits fonciers des populations rurales.
« La dématérialisation est l'aboutissement des réformes engagées par l'AFOR. C'est un gain de temps considérable pour le corps préfectoral et tous les acteurs du processus. »
— Gué Antoine Gbey, préfet du département de Sandégué
Sur le terrain, les résultats sont déjà tangibles. Dans les localités pilotes de Bongouanou, Touba, Ouaninou, Soubré et Sandégué, préfets et techniciens saluent unanimement la rapidité et la fiabilité du nouveau système. « Avant, il fallait plusieurs jours pour vérifier les documents, avec parfois des pertes de dossiers. Aujourd'hui, le traitement est rapide et sécurisé », témoigne Pacôme Dia, chef du service du Cadastre du Gontougo.
Pour les populations rurales, l'impact est tout aussi concret. Les délais d'attente se raccourcissent, les risques de falsification et de duplication des documents s'amenuisent, et la confiance dans le système foncier se consolide. Maman Koffi Madeleine, bénéficiaire dans le village de Néma, département de Tanda, résume l'essentiel avec une simplicité désarmante : « J'ai reçu le papier de ma terre sans rien payer. Je remercie l'AFOR et la Banque mondiale. »
Au-delà de l'outil technologique, c'est une vision politique qui s'affirme : celle d'un État qui entend mettre fin aux lenteurs administratives et aux conflits fonciers chroniques qui freinent le développement agricole. Avec les premiers certificats électroniques déjà délivrés, la Côte d'Ivoire amorce une mutation profonde de son rapport à la terre.