À Yamoussoukro, le ministre de l'Emploi a ouvert un atelier bilan sur les comités locaux de la Couverture maladie universelle. Le message : il ne suffit pas de comptabiliser des inscrits, il faut que la CMU entre dans les habitudes de soin des Ivoiriens.
La Couverture maladie universelle (CMU) est l'une des réformes les plus ambitieuses entreprises par le gouvernement ivoirien. Mais entre le volontarisme politique et la réalité du terrain, un fossé persiste. C'est pour le combler que le ministre de l'Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle, Maître Adama Kamara, a réuni le jeudi 21 mai 2026, à l'Hôtel Président de Yamoussoukro, les acteurs clés de la mise en œuvre locale du dispositif.
L'atelier, organisé conjointement par l'IPS-CNAM et la Banque mondiale dans le cadre du Projet Wuri, a mis en lumière le rôle central des Comités locaux de la CMU (Coloc-CMU). Ces structures de proximité, animées en grande partie par le corps préfectoral, constituent le lien vital entre l'État et les populations bénéficiaires.
Mais le ministre Adama Kamara n'a pas mâché ses mots. Si les efforts de sensibilisation et de mobilisation communautaire méritent d'être salués, il est désormais impératif d'aller au-delà des chiffres d'enrôlement. « Inscrire des gens ne suffit pas, a-t-il insisté. Ce qui compte, c'est que ces gens utilisent réellement la CMU pour se soigner. » Un appel à un changement de paradigme : passer d'une logique de registre à une logique de recours effectif aux soins.
« L'inscription ne suffit pas. Ce qui compte, c'est que les populations utilisent réellement la CMU pour accéder aux soins. »
— Maître Adama Kamara, ministre de l'Emploi
Dans les zones rurales notamment, les obstacles demeurent nombreux : méconnaissance des prestations couvertes, éloignement des structures de santé agréées, difficultés à renouveler les cotisations. Autant de défis qui exigent non seulement de l'innovation, mais aussi un engagement accru des autorités locales pour aller chercher les bénéficiaires là où ils vivent.