Face à la menace silencieuse du virus de la mosaïque, la Côte d'Ivoire riposte avec un dispositif de crise inédit, mêlant expertise scientifique, mobilisation institutionnelle et action de terrain.
Le manioc, culture vivrière fondamentale en Côte d'Ivoire, est aujourd'hui confronté à une menace sanitaire d'envergure nationale : le virus de la mosaïque du manioc (VMC), un pathogène transmis par les aleurodes, capable de décimer des plantations entières en quelques semaines. Pour contrer cette progression, le gouvernement a activé un mécanisme de réponse d'urgence aux effets immédiats.
Le professeur Pascal Téhua Kouassi Angui, directeur général des Productions et de la Sécurité alimentaire, a pris la parole le 15 avril 2026 au nom de la task force multisectorielle constituée pour l'occasion. Cet organe de coordination réunit chercheurs de l'université et des instituts agronomiques, experts phytosanitaires, responsables techniques du ministère de l'Agriculture et partenaires institutionnels nationaux et internationaux.
Un plan d'action articulé autour de quatre axes prioritaires
Selon les premières communications officielles, le dispositif s'articule autour de : la cartographie d'urgence des zones infectées, notamment dans les régions de grande culture vivrière ; la mise en œuvre de campagnes de traitement phytosanitaire ciblées visant à réduire les populations de vecteurs ; la mise en quarantaine des plants suspects et l'interdiction temporaire de transporter du matériel végétal non certifié ; et le déploiement de souches de manioc résistantes au VMC, issues des travaux du Centre National de Recherche Agronomique (CNRA).
L'objectif affiché est sans équivoque : enrayer la diffusion du virus avant que la prochaine saison agricole ne soit compromise. Le CNRA a d'ores et déjà mis en alerte ses stations régionales pour multiplier les boutures saines et approvisionner les producteurs affectés dans les meilleurs délais.
“ L'objectif est clair : freiner la diffusion du virus, préserver les rendements et garantir la sécurité alimentaire des ménages ruraux. ”
— Pr. Pascal Téhua Kouassi Angui, Directeur général des Productions et de la Sécurité alimentaire
En Côte d'Ivoire, le manioc constitue la deuxième culture vivrière après l'igname et représente une source d'alimentation et de revenus pour des millions de ménages agricoles. Une épidémie de grande ampleur menacerait directement la sécurité alimentaire nationale et fragiliserait les revenus ruraux dans les zones productrices.