Un décret discrètement adopté mais aux effets concrets majeurs : la Côte d'Ivoire entend réguler et normer l'ensemble des équipements sanitaires publics pour garantir dignité et salubrité à ses citoyens.
On pourrait penser que la question est anodine. Elle ne l'est pas. La gestion des toilettes publiques est, en réalité, un marqueur fort du niveau de développement et d'organisation sanitaire d'une ville. C'est dans cet esprit que le Conseil des ministres du 15 avril 2026 a adopté un décret fixant les conditions d'implantation, d'exploitation et d'entretien des cabinets d'aisances et des urinoirs dans les espaces publics ivoiriens.
Le texte, pris en application du Code de l'hygiène et de la salubrité, introduit une innovation majeure : désormais, toute installation ou exploitation de toilettes publiques sera soumise à une autorisation préalable du ministère en charge de l'Hygiène publique. Les gestionnaires de lieux à forte fréquentation — marchés, gares, places publiques — devront se conformer à des critères précis portant sur les aspects techniques, sanitaires et environnementaux de leurs équipements.
“La première mise aux normes consiste à solliciter cette autorisation. C'est une étape incontournable dans le processus de régulation.”
— Amadou Coulibaly, Porte-parole du gouvernement
Avant toute délivrance d'autorisation, des agents des services compétents du ministère procéderont à des vérifications de conformité sur site. L'objectif final est clair : garantir la sécurité, le confort et la dignité des usagers des espaces publics ivoiriens, en prévenant les risques sanitaires liés à des installations inadaptées ou négligées.
Discrète dans sa forme, cette décision réglementaire traduit une ambition plus large : celle d'une Côte d'Ivoire qui normalise son espace public jusque dans ses moindres recoins, au service du bien-être collectif et de la santé de tous.