Fonctionnel depuis le 1er novembre 2025, le premier laboratoire public d'analyse d'ADN de Côte d'Ivoire ouvre une ère nouvelle pour la justice, la médecine légale et la criminologie dans la sous-région.
Longtemps dépendante des laboratoires étrangers pour les analyses génétiques à des fins judiciaires, la Côte d'Ivoire vient de franchir un cap historique. Depuis le 1er novembre 2025, le pays dispose de son premier laboratoire public d'analyse d'ADN, installé au cœur du VITIB — la Zone Industrielle des Technologies de l'Information et de la Communication — à l'entrée de la ville historique de Grand-Bassam.
Une « salle propre » sécurisée, des équipements de pointe, des techniciens qualifiés : ce laboratoire, placé sous la direction du Professeur David Téa Okou, dispose de tous les atouts pour traiter les échantillons biologiques les plus délicats issus de scènes de crime ou de dossiers d'identification.
« Nous avons reçu des pièces à conviction provenant d'une scène de crime : des tissus, des écouvillons, des débris de peinture, des morceaux de matelas... pour pouvoir identifier les personnes qui étaient présentes sur les lieux. »
C'est dans ces termes que le Pr Okou décrit le travail quotidien de son équipe, déjà opérationnelle sur des affaires réelles. Le processus d'analyse suit un protocole rigoureux : chaque échantillon d'ADN est d'abord traité dans la salle propre, puis amplifié et analysé par un séquenceur génétique de dernière génération. Cet « analyseur génétique » permet d'établir le profil biologique unique de chaque individu dont le matériel génétique a été retrouvé sur une scène.
Parmi les acteurs de cette révolution silencieuse, Imrane, jeune technicien passionné de biochimie, incarne la nouvelle génération de scientifiques ivoiriens au service de la justice. Au-delà de la criminologie, ce laboratoire ouvre des perspectives considérables : identification de victimes de catastrophes, contrôles de filiation, recherche médicale. La Côte d'Ivoire rejoint ainsi un cercle restreint de pays africains dotés d'une capacité publique d'analyse génétique, une avancée majeure pour la souveraineté scientifique et judiciaire de la nation.