La reconnaissance institutionnelle de l’Organisation Interprofessionnelle Agricole (OIA) Café-Cacao ouvre une nouvelle étape dans l’évolution de la gouvernance de la filière. Sans remettre en cause le cadre juridique posé par l’Ordonnance n° 2011-481 du 28 décembre 2011, elle invite à une adaptation de l’architecture institutionnelle existante, notamment dans l’articulation entre le Conseil du Café-Cacao (CCC) et l’interprofession
Depuis 2011, le CCC exerce des missions étendues : régulation des activités, fixation du prix minimum garanti aux producteurs, gestion des mécanismes de stabilisation et du Fonds de Réserve, organisation et contrôle de la commercialisation intérieure et extérieure, suivi des stocks, contrôle qualité et promotion du café et du cacao ivoiriens
Ce dispositif a contribué à restaurer la stabilité du secteur et à renforcer sa crédibilité sur les marchés internationaux.
L’article 27 de l’Ordonnance prévoit que le Conseil d’Administration du CCC est composé de douze membres, dont six représentants de l’interprofession de la filière café-cacao et de l’organisation professionnelle des banques et assurances
Cette disposition traduisait déjà la volonté d’associer les acteurs économiques à la gouvernance du régulateur. La reconnaissance formelle de l’OIA donne aujourd’hui une consistance institutionnelle pleine à cette représentation.
Dans ce contexte, la réflexion sur l’organisation interne du CCC devient naturelle. Au-delà de la dimension consultative, la reconnaissance de l’OIA comporte une véritable portée économique. L’interprofession n’est pas seulement un espace de dialogue : elle devient un levier structurant de l’organisation économique de la filière.
Concrètement, certaines fonctions à caractère économique — animation des filières professionnelles, coordination des opérateurs, médiation commerciale, structuration des collèges, formulation de mécanismes d’amélioration de la compétitivité ou gestion de programmes sectoriels ciblés — pourraient relever prioritairement de l’OIA. Une telle évolution renforcerait la responsabilité directe des acteurs dans l’organisation et la performance du marché, tandis que le CCC consoliderait son rôle de régulateur public, garant de l’équilibre macro-économique et de la stabilité financière.
Cette répartition plus claire des responsabilités suppose une cohérence institutionnelle accrue. Il est attendu que les organisations membres privilégient le cadre interprofessionnel pour porter leurs analyses et propositions stratégiques. Lorsque des démarches sont engagées directement auprès du régulateur en dehors de ce cadre — comme cela a pu être observé récemment à travers une correspondance du GEPEX adressée au CCC — cela peut donner l’impression d’une expression isolée, alors même que cette organisation est membre actif de l’OIA.
Il ne s’agit nullement de remettre en cause la légitimité d’un acteur à saisir le régulateur. Toutefois, dans un environnement où l’interprofession est reconnue comme espace structuré de coordination économique, l’efficacité collective repose sur des positions concertées. Une démarche consolidée au sein de l’OIA renforce la lisibilité des messages adressés aux autorités et consolide le poids institutionnel de la filière dans son ensemble.
Sur le plan budgétaire, la mise en place d’une interprofession pleinement opérationnelle ne devrait pas entraîner un coût notable supplémentaire si elle s’accompagne d’un redéploiement cohérent des missions, des effectifs et des moyens financiers correspondants. Les compétences transférées ou co-exercées doivent logiquement s’accompagner des ressources humaines et budgétaires qui y étaient attachées, dans une logique de rationalisation et non d’empilement institutionnel.
Au final, la reconnaissance de l’OIA apparaît comme une maturation du modèle instauré par l’Ordonnance de 2011. Elle ouvre la voie à une gouvernance plus équilibrée, fondée sur la complémentarité entre un régulateur stratégique fort et une interprofession économiquement responsable. Dans un contexte marqué par les exigences de durabilité, de compétitivité et de conformité internationale, cette coordination renforcée pourrait constituer un atout majeur pour la performance et la stabilité durable de la filière café-cacao ivoirienne.
DASSO DENIS
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