Transferts monétaires, activités génératrices de revenus, accompagnement sur trois ans : le programme des Filets Sociaux Productifs réinvente le modèle de l'aide aux plus démunis. L'objectif n'est plus d'assister, mais d'émanciper.
Dans la bataille contre la pauvreté, l'assistance ponctuelle ne suffit pas. La Côte d'Ivoire l'a compris, et c'est la philosophie qui sous-tend le programme des Filets Sociaux Productifs (FSP) : ne pas se contenter de tendre la main aux plus vulnérables, mais leur offrir les outils pour marcher par eux-mêmes. Un changement de paradigme majeur dans la politique sociale nationale.
Concrètement, le dispositif repose sur des transferts monétaires réguliers, versés sur une période de trois ans aux ménages les plus précaires, identifiés selon des critères socioéconomiques rigoureux. Ces allocations ne sont pas de simples subsides : elles s'accompagnent d'un encadrement permettant aux bénéficiaires de créer ou de consolider des activités génératrices de revenus — petit commerce, agriculture vivrière, artisanat, élevage.
L'impact sur les communautés cibles est documenté : les ménages bénéficiaires améliorent leur alimentation, maintiennent leurs enfants à l'école et accèdent plus facilement aux soins de santé. En parallèle, l'injection de liquidités dans des zones rurales ou périurbaines défavorisées stimule l'économie locale par un effet multiplicateur bénéfique pour l'ensemble de la communauté.
Le programme s'inscrit dans le cadre de la Stratégie Nationale de Protection Sociale, pilier de la vision développementaliste du gouvernement. En ciblant les couches sociales les plus fragiles — femmes chefs de ménage, personnes âgées, ménages avec de nombreux enfants — le FSP réduit les inégalités structurelles qui freinent la croissance inclusive.
Reste la question de la pérennisation. Si les résultats sont encourageants, les experts insistent sur la nécessité d'un accompagnement post-transfert renforcé pour éviter que les bénéficiaires ne retombent dans la précarité une fois le programme terminé. Le gouvernement assure travailler sur des mécanismes de sortie progressive, afin de garantir que chaque famille accompagnée puisse voler de ses propres ailes à l'issue du cycle de trois ans.