À partir du 1er septembre 2026, la filière cacao ivoirienne entre dans une nouvelle ère. Calendrier réformé, carte du producteur obligatoire, prix garantis sous peine de poursuites judiciaires : les règles changent pour protéger ceux qui font vivre la filière.
▶ Un nouveau calendrier pour mieux s'adapter aux réalités du terrain
Lors d'une rencontre de sensibilisation tenue à Séguéla le 8 avril 2026, le Conseil du café-cacao a dévoilé une réforme du calendrier des campagnes. Désormais, la campagne principale se déroulera du 1er septembre au 28 ou 29 février, tandis que la campagne intermédiaire aura lieu du 1er mars au 31 août. Selon le délégué régional du Haut-Sassandra, Coulibaly Zémogo Clément, cette réforme vise à mieux s'adapter aux changements climatiques et à faciliter la scolarisation des enfants des producteurs — deux enjeux au cœur des préoccupations des familles cacaoyères.
Grande annonce également : à partir du 1er septembre 2026, la carte du producteur deviendra l'unique instrument de transaction dans la filière. Une mesure de transparence majeure, portée par un Conseil qui compte déjà plus de 2 000 sociétés coopératives, 80 acheteurs déployés et environ 700 000 producteurs enregistrés.
▶ Des mesures de soutien d'envergure pour sauver la campagne
La rencontre a également permis de faire le bilan d'une campagne difficile, marquée par le ralentissement des ventes mondiales et l'accumulation des stocks. Pour y faire face, le gouvernement ivoirien a déployé deux mesures d'envergure : l'évacuation et le rachat de 100 000 tonnes de cacao résiduel pour 240 milliards de FCFA, et une subvention exceptionnelle de 231 milliards de FCFA permettant de maintenir le prix bord champ à 1 200 FCFA/kg. Le message est sans ambiguïté : « Le non-respect de ce prix bord champ sera passible de poursuites judiciaires et d'emprisonnement. »