En Côte d'Ivoire, une victime de viol doit payer 50 000 FCFA pour obtenir le certificat médical indispensable à sa plainte. Des organisations de la société civile dénoncent avec force cette injustice et exigent la gratuité effective d'un document qui peut changer le cours d'une vie.
▶ Un coût qui brise l'accès à la justice
À l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, une coalition d'organisations de la société civile a interpellé le gouvernement ivoirien sur une réalité alarmante : sans le certificat médical, dont le coût s'élève à environ 50 000 FCFA, les procédures judiciaires liées aux violences basées sur le genre (VBG) s'effritent et les chances d'obtenir justice s'effondrent. Ces organisations qualifient cette charge financière de « barrière inacceptable » qui accentue la vulnérabilité des survivantes.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : en 2023, 8 862 cas de VBG ont été enregistrés, dont 1 091 viols. En 2024, ce chiffre a grimpé à 9 607 cas, dont 920 viols. Le rapport 2025 du Conseil national des droits de l'homme (CNDH), publié en février 2026, confirme la progression préoccupante de ces violences.
▶ Un mécanisme existe, mais il reste lettre morte
Un mécanisme de réquisition permettant théoriquement la délivrance gratuite du certificat médical existe déjà. Mais les OSC déplorent une application encore trop limitée sur le terrain, qui favorise de fait l'impunité des auteurs et contribue à l'escalade des violences. La Coalition pour la gratuité du certificat médical — forte de près d'une centaine d'organisations nationales et internationales — appelle le ministère de la Femme, de la Famille et de l'Enfant à transformer cette promesse en réalité concrète pour chaque survivante.