Face à la facture des importations de produits animaux et halieutiques, le ministre Sidi Tiémoko Touré a dévoilé, aux « Grands Rendez-vous de l’AIP », la feuille de route PONADEPA II. Au programme : produire plus, importer moins… et une promesse fiscale qui ne passe pas inaperçue : une TVA ramenée à 0 % l’an prochain.
Une tribune stratégique à l’Ivotel
C’est à l’hôtel Ivotel, au Plateau, que s’est tenue, le lundi 26 octobre 2026, la 3e édition des « Grands Rendez-vous de l’AIP ». Thème du jour : « Économie animale et économie bleue : quelles stratégies pour renforcer la souveraineté alimentaire, créer des richesses et accélérer la transformation des filières en Côte d’Ivoire ? ». Invité de marque : le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, venu exposer la vision du gouvernement.
Son message tient en une idée : faire de l’économie animale et de l’économie bleue de véritables moteurs de souveraineté alimentaire, de création de richesse et d’emplois.
Décryptage : que contient la PONADEPA II ?
Au cœur du dispositif, la Politique nationale de développement de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture (PONADEPA II) 2026-2030. Pour le ministre, elle ouvre « une nouvelle phase de transformation des filières animales et halieutiques ». Trois ambitions la structurent : renforcer la production nationale, réduire la dépendance aux importations et promouvoir une croissance durable.
Le sigle « II » suggère une seconde génération de politique publique. Reste, pour les professionnels, à connaître le détail des moyens, des objectifs chiffrés et du calendrier qui accompagneront cette ambition.
« Renforcer la production nationale, réduire la dépendance aux importations et promouvoir une croissance durable. »
produire local pour garder la valeur
Derrière la souveraineté alimentaire se cache un enjeu très concret : chaque tonne de viande, de lait ou de poisson produite sur place est une dépense en devises évitée, mais aussi un revenu pour l’éleveur, le pêcheur, l’aquaculteur et tous les maillons qui transforment, transportent et vendent. C’est tout le sens du mot « filières » : l’objectif n’est pas seulement de produire davantage, mais de structurer l’ensemble de la chaîne de valeur, de la ferme à l’assiette.
une TVA à 9 %, bientôt à 0 %
L’annonce qui retiendra l’attention est d’ordre fiscal. Le ministre a indiqué que « deux remises de la TVA à 18 % avaient été réajustées à 9 % », à la demande et à la suite du plaidoyer de son département, après des échanges avec l’écosystème de l’élevage. Puis il a lancé : « cette taxe reviendra à 0 % pour les exercices de l’année prochaine ».
Une mesure bienvenue pour les professionnels, mais qui nourrit déjà des questions légitimes : quels produits et quels opérateurs seront concernés ? Cette baisse se traduira-t-elle réellement dans les prix payés par le consommateur ? Et comment l’État compensera-t-il le manque à gagner fiscal ? Autant de précisions que les acteurs de la filière attendent de voir figurer dans les textes et la loi de finances.
consommer ivoirien, un réflexe à construire
La souveraineté alimentaire ne se décrète pas uniquement dans les ministères. Elle se joue aussi sur les marchés et dans les foyers : choisir les produits locaux, soutenir les producteurs nationaux et s’intéresser à la qualité de ce que l’on met dans l’assiette sont autant de gestes qui comptent. Pour les éleveurs et pêcheurs, c’est l’occasion de se structurer, de se former et de s’organiser pour profiter des allègements annoncés.
L’essentiel à retenir
• Événement : 3e édition des « Grands Rendez-vous de l’AIP », le 26 octobre 2026, à l’Ivotel (Plateau)
• Invité : Sidi Tiémoko Touré, ministre des Ressources animales et halieutiques
• Cadre : PONADEPA II 2026-2030
• Objectifs : production nationale en hausse, moins d’importations, croissance durable
• Fiscalité : TVA de 18 % ramenée à 9 %, puis promise à 0 % pour l’an prochain