Après une phase pilote et quatre jours d’atelier à Grand-Bassam, le gouvernement prépare la généralisation de l’Identifiant Unique du Foncier de Côte d’Ivoire. Une réforme qui promet transparence et sécurité, à condition de réussir son passage à l’échelle.
C’est une étape décisive pour l’une des réformes les plus attendues du secteur. Le ministère de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de vie s’apprête à étendre l’Identifiant Unique du Foncier de Côte d’Ivoire (IDUFCI) à l’ensemble du territoire national. Avant d’y parvenir, il fallait tirer les leçons de l’expérimentation : c’était l’objet de l’atelier sur la préparation du déploiement national, tenu du mardi 20 au vendredi 23 octobre 2026 à Grand-Bassam.
Pendant quatre jours, les acteurs du foncier ont planché sur les stratégies susceptibles de garantir le succès du dispositif. Les enseignements et les résultats de la phase pilote doivent servir de socle pour définir les orientations techniques, organisationnelles et opérationnelles de la généralisation. L’IDUFCI est présenté comme une réforme d’envergure au service de la transparence et de la sécurité foncières.
LE DÉCRYPTAGE
Dans son principe, un identifiant unique rattache chaque terrain à une référence propre, afin de limiter les ambiguïtés sur son existence, ses limites et son titulaire. Les trois registres évoqués à Grand-Bassam (technique, organisationnel, opérationnel) disent bien où se joue l’essentiel : passer d’un pilote maîtrisé à un déploiement national suppose des données fiables, des services bien coordonnés et un dispositif accessible aux citoyens, y compris loin des grandes villes.
Un foncier mal documenté est un frein à l’investissement : il alimente les litiges, fragilise les transactions et complique l’accès au financement pour ceux qui voudraient s’appuyer sur leurs terres. À l’inverse, un foncier lisible rassure les investisseurs, les promoteurs comme les exploitants agricoles, et réduit les coûts liés aux conflits. La réussite de l’IDUFCI se mesurera aussi à ces retombées économiques.
Propriétaires, planteurs et acquéreurs ont intérêt à s’informer dès maintenant sur le dispositif, à rassembler et à conserver soigneusement leurs documents fonciers, et à se renseigner auprès des services compétents avant toute transaction. Une réforme de cette ampleur ne réussit que si chacun comprend ce qu’elle change pour lui.