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PROTECTION SOCIALE · MONDE RURAL Protection sociale agricole : 115 millions FCFA de la FAO pour sortir les ruraux de l'angle mort

PROTECTION SOCIALE · MONDE RURAL Protection sociale agricole : 115 millions FCFA de la FAO pour sortir les ruraux de l'angle mort

Le gouvernement ivoirien et la FAO ont paraphé, le lundi 28 septembre 2026, un protocole d'accord de 200 000 dollars (environ 115 millions de FCFA) pour accélérer la mise en œuvre du Programme d'investissement en protection sociale dans les secteurs agricole et informel (PIPS). Une somme modeste au regard des besoins, mais pensée comme un levier pour attirer d'autres partenaires.

Le document a été signé par le ministre de l'Emploi et de la Protection sociale, Adama Kamara, et le représentant de la FAO en Côte d'Ivoire, Joseph Nyemah. Il vise à accélérer l'opérationnalisation du PIPS, adopté en Conseil des ministres le 1er octobre 2025 et lancé le 2 décembre de la même année.
« Investir dans la protection sociale, c'est investir dans la résilience des populations, dans le capital humain et dans une croissance plus inclusive » — Joseph Nyemah, représentant de la FAO
■ Décryptage : deux chantiers prioritaires
L'appui de la FAO, étalé de juin 2026 à juin 2028, intervient au moment charnière où le programme doit passer des orientations théoriques aux mécanismes opérationnels de terrain. Il se concentre sur deux fronts :
▸ La mobilisation des ressources. L'agence onusienne pilotera des rencontres de haut niveau avec les partenaires techniques et financiers et le secteur privé, avec l'objectif de fédérer au moins cinq partenaires stratégiques. Un cadre de suivi transparent et une expertise en financement de la protection sociale seront mis en place pour sécuriser les flux.
▸ Le renforcement des capacités. Plaidoyer, sensibilisation du grand public, formation des cadres et décideurs nationaux, ainsi que des plateformes régionales et continentales de partage d'expériences.
Le paradoxe est connu : les secteurs agricole et informel sont le moteur de l'économie ivoirienne et la principale source de revenus de millions de ménages, mais ils souffrent historiquement d'une couverture sociale insuffisante. Un planteur qui tombe malade, une récolte détruite par un aléa climatique, une chute des prix : sans filet de sécurité, chaque choc peut faire basculer une famille dans la précarité, compromettre la scolarisation des enfants ou pousser à brader le patrimoine productif.
La protection sociale n'est donc pas une dépense de charité : c'est un investissement dans la productivité et la stabilité des filières. Un producteur protégé investit davantage dans son exploitation, et une population rurale sécurisée est moins tentée par l'exode.
Le premier débat porte sur l'échelle. 115 millions de FCFA ne financeront pas la protection sociale de millions de travailleurs ruraux : ils financent l'ingénierie et la mobilisation d'autres ressources. Le vrai test sera donc la capacité à réunir, effectivement, les cinq partenaires visés — et à obtenir des engagements durables plutôt que des annonces.
Le second concerne le modèle de financement. Comment faire cotiser des travailleurs aux revenus irréguliers et saisonniers ? Comment articuler le PIPS avec les dispositifs existants, comme la Couverture maladie universelle (CMU) et le régime social des travailleurs indépendants ? Enfin, la dépendance aux partenaires extérieurs pose la question de la soutenabilité nationale du programme au-delà de 2028.
CE QU'IL FAUT RETENIR
▸ La protection sociale protège le revenu, la santé et la vieillesse : elle concerne directement les planteurs, les ouvriers agricoles et les travailleurs de l'informel.
▸ Les coopératives et organisations professionnelles peuvent jouer un rôle de relais pour informer et enrôler leurs membres.
▸ Se renseigner auprès des structures compétentes sur les dispositifs existants est un premier pas concret.
▸ Le suivi public des engagements financiers est la meilleure garantie contre un programme qui resterait sur le papier.
La Rédaction — La Tribune Élite 360°

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