Une délégation ghanéenne séjourne en Côte d'Ivoire pour un échange de haut niveau sur la gouvernance de la filière cajou. Sur la table : la production, les prix, les flux transfrontaliers incontrôlés.
Ce n'est pas une visite de courtoisie. Du 20 au 26 avril 2026, une délégation de la Tree Crops Development Authority (TCDA) du Ghana effectue une mission de terrain en Côte d'Ivoire dans le cadre de l'initiative « Cashew Partnership Ghana – Côte d'Ivoire ». La délégation, conduite par son Directeur exécutif Dr Andy Osei Okrah, est venue étudier de près le modèle ivoirien de régulation de la filière anacarde — l'un des plus structurés d'Afrique de l'Ouest.
Le mardi 21 avril, les visiteurs ghanéens ont été reçus par Mamadou Berté, Directeur général du Conseil Coton Anacarde Karité. Les échanges ont tourné autour de trois enjeux majeurs : la production, la commercialisation et la régulation, dans un contexte régional marqué par des flux transfrontaliers difficiles à maîtriser. Les deux pays partagent en effet des défis structurels communs : noix ivoiriennes exportées sans transformation vers des pays tiers via le Ghana, volatilité des cours internationaux, concurrence déloyale entre acheteurs des deux côtés de la frontière.
« Il est important que nous travaillions ensemble pour encadrer ces flux et trouver des solutions communes. Cela permettra non seulement de sécuriser la production, mais aussi de mieux organiser la transformation locale dans nos deux pays. » — Mamadou Berté, DG du Conseil Coton Anacarde Karité
Au-delà du symbole, cette collaboration pourrait déboucher sur des mécanismes concrets de coordination bilatérale : harmonisation des prix de bord champ, traçabilité commune des volumes exportés, voire un cadre de régulation régionale inédit en Afrique de l'Ouest.